La fiche industrielle reste active sous conditions. Vérifiez le fluide, la température, l’état initial et les exclusions avant de signer un devis.
Contrairement aux réseaux tertiaires, certaines opérations sur des installations industrielles fixes peuvent toujours relever de la fiche IND-UT-131. Elle vise des surfaces planes ou cylindriques utilisant un fluide à une température inférieure ou égale à 10 °C, ou supérieure à 40 °C, sous réserve de respecter l’ensemble des critères techniques. Les équipements de stockage en font partie : notre article sur le calorifugeage des cuves et réservoirs détaille leur cas.
Les fiches IND-UT-121 pour les matelas de points singuliers (voir la suppression d’IND-UT-121 et ce qui reste finançable), BAT-TH-146 pour le tertiaire et BAR-TH-160 pour le résidentiel ont été supprimées. Il est donc incorrect de promettre une prime actuelle sur ces périmètres. Les travaux peuvent rester pertinents pour la sécurité, la maintenance ou le ROI, mais sans les présenter comme éligibles à IND-UT-131.
L’état initial du réseau, le matériau isolant, la résistance thermique, le repérage des longueurs et les pièces justificatives doivent être contrôlés avant la commande. Les points singuliers sont exclus. Consultez la fiche officielle IND-UT-131 (version en vigueur, partie A au 1er juillet 2026) .
Le dispositif des certificats d’économies d’énergie est entré dans sa sixième période le 1er janvier 2026, pour cinq ans. Le décret n° 2025-1048 du 30 octobre 2025 porte l’obligation à 1 050 TWh cumac par an, contre 825 lors de la période précédente — soit une hausse de 27 %. L’enveloppe financée par les obligés atteint 8 milliards d’euros en 2026, contre 6 milliards en 2025.
Pour un site industriel, ce cadre a une conséquence directe : les obligés doivent financer davantage d’opérations, ce qui soutient la valorisation des travaux éligibles. Pour le calorifugeage industriel, la fiche de référence reste IND-UT-131, dont les critères techniques sont inchangés (voir ci-dessous).
L’arrêté du 27 juillet 2026 (JO du 29 juillet) a révisé les modalités de contrôle. La part d’opérations jugées non satisfaisantes lors des contrôles sur site ne doit pas dépasser 14 % pour les dossiers déposés en 2026, 12 % en 2027 et 10 % à compter de 2028. En cas de dépassement, seules les opérations contrôlées satisfaisantes — ou ayant fait l’objet de mesures correctives — peuvent être déposées pour le lot concerné.
Les taux minimaux de contrôle sur site sont par ailleurs relevés : ils passent à 20 % au 1er janvier 2027 pour l’isolation, contre 15 % auparavant. Concrètement, un chantier de calorifugeage doit être documenté dès la pose — repérage des linéaires, épaisseurs, références d’isolant, photographies. Une opération non traçable met en risque le dépôt de tout un lot.
Les CEE délivrés à compter du 1er janvier 2026 sont soumis à une péremption automatique douze ans après leur délivrance. Le décret renforce également les exigences d’analyse de risques sur le marché secondaire et les critères de pondération du volume délivré. Autant d’éléments qui pèsent sur l’organisation du dossier plus que sur la nature des travaux de calorifugeage.
Cette révision des contrôles ne modifie ni les seuils techniques d’IND-UT-131 ni les volumes en kWh cumac : elle porte sur la qualité de traçabilité des opérations.
Trois paramètres déterminent l’éligibilité puis le volume de certificats : la température du fluide, le diamètre de l’installation — avec un seuil à 508 mm (20 pouces) — et le mode de fonctionnement. Le calcul repose sur la résistance thermique simplifiée R’ = épaisseur d’isolant ÷ conductivité thermique, appréciée à la température de référence de la plage concernée : −10 °C, 10 °C, 50 °C, 100 °C ou 200 °C.
| Température du fluide | Diamètre < 508 mm | Surface plane ou diamètre ≥ 508 mm |
|---|---|---|
| −80 °C < T ≤ −10 °C | 2,1 m²·K/W | 2,8 m²·K/W |
| −10 °C < T ≤ 10 °C | 0,8 m²·K/W | 1,0 m²·K/W |
| 40 °C < T ≤ 100 °C | 1,8 m²·K/W | 2,8 m²·K/W |
| 100 °C < T ≤ 300 °C | 1,8 m²·K/W | 2,8 m²·K/W |
| T > 300 °C | 1,4 m²·K/W | 2,4 m²·K/W |
L’isolation doit porter sur un réseau non isolé, ou sur une installation dont l’isolation existante présente une résistance thermique simplifiée inférieure d’un facteur deux à celle exigée par la fiche. Les travaux sont réalisés par un professionnel et respectent la norme NF DTU 45.2 (avril 2018).
Le volume en kWh cumac dépend de la température du fluide et du mode de fonctionnement de l’installation isolée, auquel s’applique un coefficient multiplicateur.
| Température du fluide | Par mètre linéaire (diamètre < 508 mm) |
Par m² (surface plane ou ≥ 508 mm) |
|---|---|---|
| −80 °C < T ≤ −10 °C | 300 kWh cumac/m | 450 kWh cumac/m² |
| −10 °C < T ≤ 10 °C | 180 kWh cumac/m | 400 kWh cumac/m² |
| 40 °C < T ≤ 100 °C | 1 050 kWh cumac/m | 1 300 kWh cumac/m² |
| 100 °C < T ≤ 300 °C | 1 900 kWh cumac/m | 2 050 kWh cumac/m² |
| T > 300 °C | 1 850 kWh cumac/m | 1 850 kWh cumac/m² |
Coefficients multiplicateurs : 1×8h → 1 · 2×8h → 2,2 · 3×8h avec arrêt le week-end → 3 · 3×8h sans arrêt le week-end → 4,2. En pose superposée ou en isolant multicouche, seule la première couche est retenue pour la surface ou le linéaire. La durée de vie conventionnelle de l’opération est de 10 ans.
Le dossier comprend un document du fabricant précisant la nature du matériau posé, sa référence et sa conductivité thermique en fonction de la température, ainsi qu’un état récapitulatif signé par le professionnel et par le bénéficiaire à l’issue des travaux. Cet état mentionne les conductivités, épaisseurs et résistances thermiques simplifiées, la plage de température de service de l’installation, le total isolé (en m² ou en mètres linéaires) et son mode de fonctionnement.
Une pré-étude sérieuse commence par le réseau et non par une promesse de prime.
L’audit identifie le fluide, sa température, le diamètre, le linéaire, la géométrie, l’isolation existante et la performance thermique cible. Les surfaces relevant de la fiche sont séparées des vannes, brides et autres points singuliers.
Faites réaliser le relevé, demandez une offre CEE écrite, obtenez l’accord de l’obligé, puis seulement engagez la réalisation des travaux. Le devis doit présenter séparément le prix des travaux et la prime éventuelle.
La fiche définit un volume d’économies d’énergie, pas un pourcentage de prise en charge. La valeur en euros dépend de l’offre de l’obligé et du marché des CEE. Une éligibilité technique ne garantit donc ni financement intégral, ni reste à charge nul. Le ROI du calorifugeage doit aussi être étudié indépendamment de la prime.
Elle permet encore de valoriser certaines opérations industrielles conformes à la fiche. Elle ne garantit toutefois ni un financement intégral, ni un reste à charge nul.
Non au titre d’IND-UT-131. Les points singuliers sont exclus de cette fiche et l’ancienne fiche IND-UT-121 a été supprimée au 1er août 2025.
La demande et l’offre de prime doivent être établies avant l’engagement des travaux. Ne signez pas un devis et ne versez pas d’acompte avant la validation du parcours CEE.
Il doit être calculé projet par projet. La fiche ne fixe aucun pourcentage de prise en charge : le montant en euros dépend de l’offre de l’obligé et le devis doit afficher clairement le prix total.